«Les mêmes pratiques désignées comme illégales par la Commission européenne, voici presque trois ans, sont à nouveau d'actualité avec Vista, le nouveau système d'exploitation de Microsoft. Cela étouffera la compétition sur les marchés du PC et des serveurs.» Le communiqué de l'ECIS (European Committee for Interoperable Systems) n'est guère ambigu.
Le leader mondial des logiciels n'est pas encore sorti du dossier antitrust lié à Windows XP et à l'abus de position dominante qui lui a valu une amende de 497 millions d'euros. L'ECIS, qui regroupe des éditeurs concurrents comme Adobe, IBM, Nokia, Opera et Oracle, l'accuse donc d'avoir récidivé avec Vista.
«Avec Vista, Microsoft a clairement choisi d'ignorer les principes fondamentaux de la décision de la Commission datant de mars 2004, dénonce Simon Awde, président de l'ECIS, dans un communiqué. Vista est la première étape dans la stratégie de Microsoft visant à étendre à l'Internet sa domination sur le marché du logiciel.»
Thomas Vinje, conseiller de l'ECIS et porte-parole pour cette question, n'est pas moins virulent : «Microsoft cherche à imposer ses propres standards Windows-dépendants et à remplacer les standards ouverts actuels, qui ont largement convaincu l'industrie, permettent une compétition ouverte et promeuvent l'innovation. Le résultat final sera l'absence durable de tout choix réel pour le consommateur, des années à attendre que Microsoft améliore - ou même corrige les bugs - de ses produits monopolistiques, et bien sûr des prix élevés.»
La «fin d'une époque» pour Microsoft
Quoi qu'il en soit, le lancement de Vista marquera un changement radical dans les méthodes de travail de Microsoft. Michael Cusumano, expert en logiciel et professeur de management au MIT (cité par le Financial Times), n'hésite pas à parler de la «fin d'une époque». En cause, selon lui : le «traumatisme interne» causé par son travail sur Vista. Et qui peut se résumer par l'expression «plus jamais». A l'avenir, si l'on en croit l'expert, Microsoft produira des renouvellements moins ambitieux et plus fréquents à Windows.
La «nouvelle ère» est également liée aux logiciels purement on-line, tels que ceux déjà proposés par Google. Microsoft devra recentrer son attention sur ces services en ligne, plutôt que sur des programmes à installer sur un disque dur, comme typiquement Windows. La pression pour cette transformation se fera d'abord sentir sur la suite logicielle Office, déjà concurrencée par des produits on-line chez Google et d'autres.
Bien sûr, le business de Microsoft ne changera pas du jour au lendemain. A court terme, Windows Vista devrait enclencher un nouveau cycle commercial puissant pour le géant de Redmond. Car Windows reste une machine à cash incroyable. Et Vista pourrait stimuler la demande pour une gamme d'autres produits et services «made by Microsoft».
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