Astuces Vista

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Microsoft admet l'échec de Vista Version imprimable Suggérer par mail

Par deux fois cette semaine, Microsoft s'est rangé à notre opinion, qui veut que Windows Vista (alias Me II) soit une vaste blague dont personne ne veut.

En effet, le Géant de Redmond a pris deux décisions plus qu'inhabituelles cette semaine.

 Sans que Microsoft ne lève (apparemment) le petit doigt, Dell a annoncé qu'il proposerait de nouveau Windows XP sur ses PC grand public. Pourtant, à la seconde où Vista a été commercialisé, Microsoft a tout fait pour nous empêcher d'acheter autre chose. Evidemment, Microsoft n'aurait pu agir ainsi dans l'univers professionnel, parce que les entreprises lui aurait ri au nez. Mais ce n'est pas un problème vis à vis du grand public : les particuliers achètent en effet souvent sans trop se poser de questions ce qu'on leur met sous le nez.

 

Ceci fait évidemment partie du comportement monopolistique abusif classique, habituel chez Microsoft. Celui-ci a en effet toujours réussi à imposer son point de vue à ses principaux clients OEM. Or, jusqu'à présent, personne n'avait osé faire machine arrière, puisque ceci impliquait d'avoir à subir sa colère de Microsoft.

Mais Dell a sauté le pas. Ceci signifie que les ventes de Vista sont au moins aussi mauvaises que nous le pensions, faute autant au logiciel qu'aux pilotes. Dell n'a donc pas eu d'autre choix que d'inverser la tendance. Mais il ne faut pas imaginer pour autant que Dell a agit ainsi pour s'excuser d'avoir imposé un mauvais produit : difficile de croire en effet que le constructeur ait agi dans le strict souci du consommateur...

En fait, ce qui s'est passé, c'est que les OEM se sont révoltés en sous-main et ont forcé Microsoft à faire machine arrière. Bon, certes, Microsoft a bien tenté de limiter la rébellion, mais n'a pu empêcher la décision de Dell. Cependant, on peut presque entendre le pas des défecteurs qui se tournent vers Linux et d'autres systèmes d'exploitation. C'est donc un tournant historique.

L'autre échec monumental imputable à Me II ? Le lancement en Chine d'une version OEM de Vista à 3$. Altruisme ? Certainement pas. je m'explique : en fait, jusqu'à présent, le piratage permettait de conforter le monopole de Microsoft. A partir du moment où on peut facilement pirater Windows (qui ne coûte alors plus rien), Linux perd son avantage prix.

Or, Microsoft a rendu Vista beaucoup plus difficile à pirater. C'est certes encore faisable, mais au prix de techniques suffisamment compliquées pour que la plupart soient obligés de l'acheter. Or, d'après vous, combien, dans un pays où le salaire moyen est de 100$, accepteront de dépenser 299$ pour Vista ? Linux regagne donc un avantage décisif.

A défaut de permettre le piratage, qu'a donc choisi Microsoft de faire ? Il a divisé le prix de Vista par 100 ! Certes, ce n'est pas une première historique, puisque Microsoft a déjà proposé une version étudiants d'Office 2003 à 150 $, mais cette fois, les mesures prises montrent que la situation est bien plus désespérée...

Or, quel que soit votre niveau de vie, la stratégie de Microsoft est de toujours chercher à vous appâter, d'un moyen ou d'un autre : qui sait ? Un jour, vous serez peut être suffisamment riche pour payer plein pot... Et c'est pour cela que l'on est à la croisée des chemins, qui imposent à Microsoft de telles décisions : si le prix de ses logiciels double, il y a davantage de chances pour que les utilisateurs commencent à s'intéresser sérieusement aux alternatives existantes.

On entrerait alors dans un cercle vicieux pour Microsoft. Ceci signifierait alors que les utilisateurs se libéreraient de leurs liens que sont les DRM de Vista ou les nouveaux formats de fichiers d'Office, toujours aussi obscurs et protégés par des brevets. Les utilisateurs pourraient alors se demander quel serait leur intérêt à travailler avec des outils Microsoft. Le Géant de Redmond pourrait alors passer un très mauvais quart d'heure... Donc, Microsoft a fait l'impensable, et préféré baisser ses prix. Enormément. Pour tenter de conserver sa rente de situation.

Ces deux décisions de Microsoft sont la preuve de ce que nous avancions il y a trois ans : l'éditeur a perdu de sa capacité à imposer leur choix à ses clients. Et va donc finir par mourir. Parce qu'il ne peut plus continuer sur sa lancée et n'a d'autres choix que d'offrir des réductions de 98% pour tenter de les conserver.

L'industrie informatique assiste donc à un changement sans précédent de puissance dominante. Et le plus drôle, c'est que les décisions prises par Microsoft sont les mauvaises. Le géant de Redmond fait vraiment face de gros ennuis en perspective...

fr.theinquirer.net

 
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